L'Astrologie à travers les âges Histoire de l'Astrologie
"Quelques mots sur l'Astrologie à travers les âges" ou "Résumé de l'histoire de l'Astrologie" seraient sans doute des titres plus appropriés pour ce dossier; mais... même faire un résumé en quelques pages de l'histoire mondiale de l'Astrologie dont on retrouve les premières traces il y a 4000 ans n'est pas chose facile ! Des calendriers divinatoires Egyptiens, Chinois et Précolombiens à l'Astrologie Moderne en passant par les beaux jours de l'Astrologie au 15 ème siècle, puis à l'obscurantisme du 17 ème siècle, il y a énormément à dire. A travers les siècles, en fonction des continents, l'Astrologie a été perçue, acceptée, pratiquée différemment.
Certes, depuis Babylone, elle a évolué, suivant le cours du progrès humain, profitant des nouvelles connaissances, des avancées techniques, de la meilleure connaissance du monde par l'homme, mais si cela est intéressant à développer et à comprendre, ce n'est pas fondamental, car finalement il n'y a pas de rapport direct entre l'antériorité historique de l'époque et le regard qu'elle porte sur l'Astrologie.
Ce qui nous semble beaucoup plus important est la corrélation, l'interaction, entre la conception qu'a la société d'elle-même et du reste du monde, et la manière dont elle accepte (au non) l'Astrologie à un moment donné, dans tel ou tel endroit du globe. Nous n'aurons pas la prétention, en quelques pages, de vouloir traiter en totalité de l'histoire de l'Astrologie, cela en rendrait d'ailleurs la lecture fastidieuse... Mais certains exemples significatifs nous semblent intéressants pour comprendre comment cette discipline a évolué au fil des siècles.
D'ailleurs, d'aucuns prétendront que l'Astrologie n'est pas une science et pourtant... Nous pouvons remarquer, à travers son histoire, que l'Astrologie était souvent mieux comprise dans les sociétés techniquement évoluées et intellectuellement ouvertes sur le monde, et que finalement la manière dont elle a pu être appréhendée dépend moins de l'époque que de la société en elle-même. Pendant la Renaissance par exemple, formidable renouveau intellectuel, scientifique et culturel de la société européenne, les astrologues étaient politiquement présents : En Hongrie, on décida de la date à laquelle devait être construite l'université de Presbourg par une étude astrologique. En Angleterre, on employa des astrologues comme ambassadeurs, partout l'Astrologie fut enseignée dans les universités .Alors que plus tard lorsqu'en France le despotisme devint le fondement même de la société, lorsque la monarchie commit l'erreur fondamentale de se retrancher sur elle-même, de se cristalliser dans un état immuable, alors qu'autour d'elle le monde continuait d'évoluer, l'Astrologie fut, dans un premier temps déconseillée puis interdite. Diderot et Voltaire la raillaient et s'en moquaient, Colbert interdit aux académiciens de l'exercer, et Leibniz, pourtant tolérant, déclara qu'il ne méprisait que "ce qui débouchait sur l'illusion pure, comme la divination astrologique".
Mais que l'Astrologie soit considérée comme une science, une philosophie ou un courant de pensée, là n'est pas l'objet de ce dossier. Son but n'est pas non plus de débattre ou d'argumenter pour convaincre que... l'Astrologie ça marche ! Nous voulons simplement dire quelques mots sur son histoire; l'histoire de l'Astrologie, discipline qui est, comme le disait Ernest Cassirer en 1922 " L'une des plus grandioses tentatives qu'ait jamais osé l'esprit humain pour donner une représentation d'ensemble du monde"... Dans l'antiquité, en Egypte, en Chine et en Amérique précolombienne, on trouve la trace de calendriers divinatoires qui sont une sorte de préfiguration de l'Astrologie. Il serait long de les détailler tous et même si le sujet est passionnant, tel n'est pas l'objet de ce dossier. Nous avons donc choisi de parler tout particulièrement des calendriers divinatoires égyptiens (également appelés calendriers nilotiques), car ils nous semblent représentatifs d'une perception subtile du monde par l'homme, d'une faculté intéressante d’appréhender l'environnement de manière intellectuelle, scientifique et religieuse afin de mieux le connaître.
Ces calendriers divinatoires eurent pour point de départ les fluctuations du Nil et la nécessité de prévoir ses crues si fertilisantes - mais si destructrices aussi - et par le fait même de permettre de réguler plus efficacement l'agriculture. Il faut comprendre que toute la société égyptienne fut pensée et construite autour du Nil, non pas pour le domestiquer mais pour vivre en harmonie avec ce cadeau du ciel. En prévoir les crues était vital à la survie de la communauté et cette recherche d'une harmonie avec la nature donna naissance à une élite intellectuelle de mathématiciens, d'ingénieurs et d'astronomes.
Vers 1500 avant Jésus-Christ, en observant Sirius se lever, les Egyptiens prédisaient la venue des crues du fleuve et savaient quand le cycle annuel recommençait. En Egypte Ancienne, sciences et religion ne s'opposaient pas, les Anciens Egyptiens étaient très pieux, vénérant la Lumière, source de vie éternelle et croyant en la manifestation de Dieu dans le Soleil. C'est cette piété, alliée à des connaissances mathématiques et astronomiques indiscutables, qui fit que l'Egypte fut la première civilisation à mettre en place un calendrier découpant l'année en 12 mois et en 360 jours (auxquels ils ajoutaient 5 jours intercalaires placés à la fin du calendrier). La fête célébrant la nouvelle année correspondait au jour de la crue annuelle du Nil, et chaque mois était sous l'influence d'un Dieu qui le caractérisait. Les mois étaient eux-mêmes découpés en 3 "décans" de 10 jours et les jours eux-mêmes découpés en 2 périodes de 12 heures, elles aussi sous l'influence de forces supérieures, les Planètes. En fonction du mois de naissance, du jour et de l'heure, une personne était donc placée sous l'influence d'un Dieu et de Planètes.
Bien évidemment, ces calendriers divinatoires n'avaient que peu de rapport avec l'Astrologie telle qu'elle est appréhendée et pratiquée de nos jours, mais ils dénotent quand même une volonté certaine des hommes d'essayer de maîtriser leur destin...
Comme les Egyptiens, les Chinois avaient un perception assez fine du monde qui les entourait et il y avait une décalage entre les formes évoluées de leur civilisation et leur religion qui nous semble aujourd'hui extrêmement primaire, avec par exemple la croyance en des Dieux domestiques. Pour les Chinois, il y avait harmonie totale en ciel, terre et l'homme et ce dernier devait veiller au bon déroulement de l'ordre établi, entre vie et mort, activité et repos, nuit et jour, d'où découleront les deux principes fondamentaux du Yin et du Yang, chacun croissant lorsque l'autre décroît et prenant de la puissance lorsque l'autre en perd. Pour assumer cette tache de « surveillance », l'homme devait observer les évènements entre eux et le sens de leur correspondance avec le cosmos. Très tôt en Chine, vers 2350 avant Jésus Christ furent mis en place des calendriers dans lesquels l'année chinoise était divisée en 12 mois lunaires et depuis très longtemps il existait une astrologie basée sur le principe de 8 « trigrammes », symboles composés de lignes droites continues ou discontinues qui reflétaient les principes du Yin et du Yang, le Yang étant masculin, actif, solaire, diurne et constructeur et le Yin plutôt féminin, passif, lunaire, nocturne et parfois destructeur.

Au Yin et au Yang étaient associés 5 éléments, le bois, le feu, le métal, l'eau et la terre eux-mêmes liés aux douze animaux du zodiaque le Rat (Bélier), le Bœuf (Taureau), le Tigre (Gémeaux), le Lièvre (Cancer), le Dragon (Lion), les Serpent (Vierge), le Cheval (Balance), le Mouton (Scorpion), Le Singe (Sagittaire), La Poule (Capricorne), le Chien (Verseau), le Porc (Poissons). Ces trois principes assuraient l'harmonie du cosmos et constituaient les fondements de l'Astrologie chinoise.
Chaque Chinois, à sa naissance, disposait donc d'une sorte de « carte de visite astrale » composée de 8 trigrammes, 2 pour l'année, 2 pour le mois, 2 pour le jour et 2 pour la double heure à laquelle il était né, et pour les interpréter les astrologues chinois devaient tenir compte d'un grand nombre de combinaisons. Pour l’anecdote, l’astrologie chinoise ne traite l’heure de naissance que par tranche de deux heures : ainsi, deux individus nés par exemple à 14h00 ou à 15h55 ont rigoureusement le même thème (la journée est découpée en 12 tranche de double heure), ce qui d’ailleurs amène quelques critiques et quelques remarques en faveur de l’astrologie occidentale qui différencie clairement deux thèmes d’heures de naissance simplement séparés d’une minute ou même de quelques secondes.
Contrairement aux Egyptiens et aux Chinois, Les Romains, peuples de paysans et de soldats, étaient plus intéressés par la guerre, la politique et les conquêtes que par les sciences et dans la Rome antique, même si l'Astrologie connut quelques belles périodes, elle ne fut en tout cas comprise que dans le seul but de servir le pouvoir. En 118 avant Jésus Christ, la défaite du roi de Syrie, Antiochos III eut pour conséquence, entre autre, de voir des centaines de nomades affluer vers Rome, prestigieuse métropole.
Parmi eux se trouvaient les « Chaldéens » diseurs de bonne aventure et faiseurs d'horoscopes. Le peuple les consultait pour connaître son avenir et en 139 avant Jésus Christ, un édit fut promulgué leur interdisant le sol italien car ils « exploitaient la crédulité populaire avec leur astrologie mensongère ». Mais les esclaves et affranchis travaillant pour les familles romaines ne tombèrent pas sous le coup de cette interdiction, et continuèrent de prédire, certains romains riches et puissants qui voulaient assimiler la culture grecque, rivale de la culture romaine, les prenant sous leur protection.
Des débats s'en suivirent, pendant lesquels certains membres de l'académie se firent les détracteurs de l'Astrologie, utilisant des arguments que l'on entend encore de nos jours, comme « les individus nés au même moment ou en un même lieu ont le même horoscope et pourtant ils ont souvent des destinées complètement différentes. »
L'Astrologie connut par la suite une période d'embellie avec l'arrivée sur le sol romain de Posidonios d'Apamée, possesseur d'un savoir encyclopédique, qui enseigna à Rome et qui eut des élèves aussi illustres que César et Cicéron. L'Astrologie devint à la mode, seuls les incultes n'y croyaient pas, les horoscopes étaient largement diffusés et on s'achetait des bijoux et des pierres précieuses représentants les signes du zodiaque, même si le calendrier encore imparfait des romains entraînait des doutes immenses quant aux signes même auxquels ils appartenaient : l'illustre Empereur Auguste lui-même, passionné d'Astrologie, ignora toute sa vie s'il était Capricorne ou Balance... le mathématicien (à Rome les astrologues étaient appelés soit Chaldéens soit mathématiciens en raison des calculs indispensables) et poète Manilius composa d'ailleurs pour lui ses Astronomiques, poème didactique en 5 livres consacré à l'Astrologie.Le puissant empire Romain dura plus de 500 ans, et nous n'allons pas ici expliquer en détail son histoire, mais il est important de comprendre que durant cette période et contrairement à l'Egypte Antique, l'Astrologie, rejetée niée et interdite, ou au contraire encensée et encouragée en fonction des ambitions personnelles des hommes politiques en place, n'était utilisée que pour servir le pouvoir.
Dans les luttes entre puissances intellectuelles qui ébranlèrent les fondements de la culture antique, l'astrologie prit une place toute particulière et trouva des alliés inattendus dans le christianisme, même s'il paraît évident que le « fatalisme » astral, s'apparentant quelque peu à cette époque à la pensée stoïcienne, était en totale opposition avec les dogmes chrétiens de la toute puissance divine. Mais l'astrologie s'adapta à la croyance chrétienne de salut, en rejetant une certaine forme de fatalisme pour la remplacer peu à peu par le libre-arbitre. Pour beaucoup, les astres n'étaient pas des forces agissantes, mais de simples signes et la pensée astrologique influença les premiers chrétiens.
Il en résultat la naissance d'une certaine forme « d'astrologie christianisée » qui voyait dans les configurations astrales des signes divins et laissait à l'homme son libre arbitre, trouvant donc des adeptes parmi les Chrétiens et même le clergé. Il faudra attendre l'arrivée de Saint Augustin, homme à la forte personnalité, ainsi qu'une situation nouvelle dans l'église et dans l'état, pour aboutir à la fin de l'astrologie antique.
En Inde, les premières traces de l'Astrologie remontent à plusieurs milliers d'années, dans ces écrits si lointains que sont les Vedas; on parle ainsi souvent d'Astrologie védique plutôt que d'Astrologie hindoue.
Il existe trois systèmes distincts qui constituent l'Astrologie hindoue :
- le Parasari (le sage Parasara, disciple de Saunaka, lui-même de Narada, appartient à la descendance du prophète védique Vasishta, fils d'Uma Sakti aurait vécu il y a plus de 5000 ans),
- le Jaimini, dont le nom vient de son auteur,
- le Jatakapi ou Tajak, plus moderne et influencé par l'Astrologie arabe, et qui traite des horoscopes progressés (technique qui consiste à déplacer les planètes avec une correspondance année/jour).
Il serait vain ici de décrire ces systèmes très complets - et très complexes - qui nécessiteraient un ouvrage pour chaque. Ce qu'il faut retenir de ces astrologies hindoues est qu'elles sont basées sur le zodiaque sidéral et non tropical pour l'Astrologie occidentale : le zodiaque sidéral est basé sur les constellations alors que le zodiaque tropical est basé sur les signes, il est indexé sur les saisons en quelque sorte. Ces deux zodiaques sont décalés puisque tous les ans, un déplacement de 50 secondes environ sépare les signes des constellations; c'est ce qu'on appelle la précession des équinoxes.
Ces deux systèmes astrologiques basés sur ces deux zodiaques sont donc assez différents, et il n'est pas non plus question ici de rentrer dans le débat de savoir lequel est le plus efficace. L'autre particularité de l'astrologie hindoue, tout comme l'arabe, même si cela paraît évident... est de ne pas tenir compte des planètes au-delà de Saturne : Uranus, Neptune et Pluton qui n'étaient pas visibles par les instruments de l'époque.
La vocation spirituelle de l'Astrologie hindoue la différencie également de l'Astrologie occidentale, plus intellectuelle. Les Noeuds lunaires - de nature karmique ou spirituelle - sont par exemple particulièrement étudiés en Astrologie hindoue. Le thème en carré est utilisé, forme qui fut longtemps privilégiée dans l'astrologie occidentale.
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La critique est aisée mais l'art est difficile.